Le MM et l'ILC participent à une étude mondiale pour dévoiler les pressions commerciales sur la terre
30 décembre, 2009
L’accaparement de la terre et sa commercialisation représentent des questions cruciales du développement et une source fondamentale de conflit social dans le monde.
Les investissements dans les exploitations agricoles à l’étranger ne sont pas un phénomène nouveau, mais comme l’a fait remarquer The Economist le 21 mai 2009, les transactions actuelles sur la terre posent plusieurs problèmes, dont leur échelle. Selon l’Institut international de Recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), « 15 et 20 mille hectares de surfaces agricoles utilisables dans les pays pauvres ont fait l’objet de transactions ou de négociations impliquant des étrangers depuis 2006 ». En appliquant un chiffre défavorable à la valeur de la terre, l’IFPRI calcule que ces opérations représentent quelque 20 à 30 milliards de dollars US.
En effet, contrairement aux anciennes transactions qui portaient sur des cultures de rapport, les opérations actuelles visent principalement des produits de première nécessité ou des biocarburants, comme le blé, le maïs, le riz et le jatropha. De surcroît, alors que par le passé la plupart des investissements agricoles étrangers étaient privés, la majeure partie des nouvelles affaires se traitent de gouvernement à gouvernement. Les acquéreurs sont essentiellement des gouvernements étrangers ou des sociétés étroitement liées à ces derniers, telles les fonds souverains d'investissement.
Dans un tel contexte, la Coalition internationale pour l’accès à la terre (ILC) – une alliance mondiale de la société civile et des organisations intergouvernementales travaillant de concert à la promotion d’un accès sûr et équitable à la terre pour les plus démunis – a lancé une initiative ayant pour but d’examiner les forces clés, les moteurs et les impacts se cachant derrière la vague actuelle d’acquisitions de terres à grande échelle.
Cette initiative, intitulée Pressions commerciales sur la terre (CPL), répond à la compétition grandissante des investisseurs nationaux et étrangers pour la terre en milieu rural afin de satisfaire une demande mondiale croissante en denrées alimentaires, fibres, carburants et en aliments destinés au bétail. L’un de ses objectifs consiste à explorer des solutions susceptibles de permettre aux pauvres exploitants de la terre de bénéficier de possibles opportunités offertes par sa valeur commerciale accrue.
Compte tenu des fortes connexions entre les problématiques de régime de propriété, de valeur de la terre et de mobilisation des ressources pour des investissement dans la gestion durable des terres (GDT), le MM a accepté de contribuer à l’initiative CPL par un partage d'informations en provenance de son travail au niveau des pays, lié à l’élaboration de stratégies financières intégrées (SFI), et, en particulier, à des évaluations de la valeur des ressources de la terre et des écosystèmes, ainsi que des incidences de leur dégradation. L’évaluation économique de la GDT lancée récemment au Cambodge figurera parmi les premières études du MM fournissant des données à l’initiative CPL.
Pour de plus amples informations:
M Simone Quatrini
Coordonnateur, Analyse des politiques et des investissements
Tél. +39 06 5459 2154
s.quatrini (at) global-mechanism.org
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